Des amphithéâtres en maternelle ?

 

 

 

Vendredi 9 septembre 2011, à Saint-Marcel-les-Valence, dans la Drôme. Dans la cour de l’école maternelle André Blanc, une centaine de parents, accompagnés d’élus, bloquent l’accès aux classes. Leur demande ? Que soit créé un poste d’enseignant supplémentaire, afin de pallier au problème des classes surchargées.

 

31, 32 élèves par classes. Tels sont les chiffres. Des chiffres qui passeraient inaperçus s’il s’agissait par exemple d’un collège et de classes sans élèves en difficultés. Des chiffres qui passeraient inaperçus si l’éducation et l’apprentissage n’étaient que formalités. Hélas, il s’agit bel et bien, en l’espèce, d’enfants de trois, quatre, cinq ans. D’enfants qui ne peuvent se passer d’un suivi et d’une proximité afin l’enseignant.

 

Cet évènement de St-Marcel-les-Valence n’est pas inédit. Ce qui m’inquiète, c’est qu’il me semble le voir se reproduire à des fréquences toujours plus courtes. Année après année, l’éducation est sacrifiée, des postes supprimés, et ce au profit d’économies qu’il serait peut-être bienvenue de chercher à faire ailleurs.

 

L’éducation se dirige lentement mais sûrement vers une crise que chacun pouvait imaginer à l’annonce quasi semestrielle de suppression de postes.

 

J’ai entendu récemment que Monsieur Hollande proposait, lui, de réhabiliter chaque emploi supprimé depuis 2007. A l’annonce de cette « mesure », j’ai souris. La démagogie et l’irresponsabilité économique de cette proposition m’ont fait un instant douter du sérieux du candidat aux primaires socialistes.

 

Cessons de supprimer des postes, cessons les propositions insensées, et observons la patiente, l’éducation nationale. L’Etat ne peut vivre sans elle, son avenir dépend d’elle. On le sait. L’Etat va au devant de grandes difficultés financières, son déficit se creuse. On le sait aussi. Alors agissons avec prudence, au coup par coup. On ne peut se permettre des folies, alors regardons les situations les plus urgentes, et réintégrons progressivement là où les besoins sont les plus importants, ATSEM, enseignants, professeurs. Même s’il y en a d’abord peu, ces créations auront davantage d’effets positifs que les vagues de suppressions.

 

Le rétablissement complet de la patiente ne se fera pas en un jour ni même un an, mais en attendant que l’économie soit plus favorable, l’hémorragie sera stoppée.

 

 

Quentin CAPPE

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