l’hebdo ROmanais l’Impartial (Bruno CHAMPAUZAC)

Récemment dans ce journal, le parti socialiste par la voix de Nathalie Nieson, donnait sa vision de la situation économique de notre pays. A cette situation que je souhaiterai donner ici un éclairage autre du sujet, détachant plus encore mon propos des élections nationales prochaines.
Si tout comme Madame le maire de Bourg de péage je m’insurge contre la politique hémiplégique, inéquitable menée à tord dans notre pays depuis cinq ans, je pense que réduire notre situation au seul mandat présidentiel actuel relèverait d’une amnésie volontaire, mêlée au refus d’héritage des gouvernements récents.

Certes notre dette publique est passée de 63.7 % à 85,4% du PIB en 5 ans, mais comment détourner les yeux des trente dernières années, comment ignorer la situation qui était la notre en 1980 (une dette qui ne pesait alors 20% du PIB) versus les 55% en 1995, comment ignorer l’usage inconsistant qui fût fait des 30 milliards d’Euro de « cagnotte » (non donné au surcroit de recettes fiscales liées à la croissance High Tech) par le gouvernement socialiste de 1999 (pour un solde négatif de 90 milliards d’Euro cette année là) ! Comment dire que la situation catastrophique actuelle, annoncée durant la campagne présidentielle de 2007, ne serait le fruit que d’une gestion absconse vieille de 5 ans !
Il n’est ici nulle question de parisianisme, mais plutôt d’un appel à la prise de conscience, à une élévation du débat, à un souhait de voir les heures sombres qui nous guettent être prises dans un consensus national afin de ne pas sombrer dans la démagogie et l’électoralisme. Pour se faire, que chacun assume son héritage et cesse de rejeter benoitement sur l’autre des maux qui au gré des cohabitations, ne furent jamais éradiqués.

Pouvons-nous espérer un salut venant de notre seul politique intérieure ? Pouvons nous espérer une réforme fiscale française qui panse nos plaies par elle seule ? En ce monde globalisé, en cette appartenance européenne qui représente 80% de nos échanges commerciaux, la réponse est en substance non. Nous devons inscrire chacune de nos actions en mettant en perspective notre compétitivité internationale, notre besoin de retrouver une industrialisation passée (qui mécaniquement fera baisser le poids de notre dette), mais aussi ne plus stigmatiser nos partenaires commerciaux. La meilleure protection de nos entreprises ne passera pas par un protectionnisme accru et aveugle (pour rappel, l’empire du milieu qui semble effrayer certains ne représente que 6% des exportations et 14% des importations d’une union européenne à 27, immense marché pour le commerce mondial) mais au contraire par une intégration plus grande à un mouvement inéluctable et qui, s’il est régi par des règles humanistes et non seulement financières, reste souhaitable.
Face à la rigueur qui est aujourd’hui notre quotidien (mais qui peut nous dire que la rigueur n’est pas une vertu, sauf être de ceux qui ne le furent pas c’est 30 dernières années), une réforme fiscale nous devons de conduire oui ! Mais celle-ci doit s’inscrire indubitablement dans une campagne d’harmonisation européenne des fiscalités, au sein des principaux pays souscripteurs. Une réforme unilatérale et en profondeur ne pourra être conduite qu’à la lumière des réalités d’un marché concurrentiel auquel sont confrontées les entreprises françaises (PME ou non) et qui doit être réajusté à la nouvelle configuration des pays émergeants (Chine, Inde, Brésil…). Gardons tous à l’esprit les ravages qui furent ceux d’un protectionnisme irraisonné au soir de la crise de 1929.

Cette vision globalisée du destin de la France reste compatible d’une action en profondeur de justice sociale. Je ne peux qu’appeler de mes vœux la taxe sur les transactions financières (initiative qui ne peut-être que mondiale pour être productive), la mise en place d’une TVA sociale, la fin de certaines niches fiscales (qui n’ont d’autres vertus que le clientélisme électoral), une révision de la fiscalité des entreprises, l’accroissement des cotisations sur les revenus du capital afin que le travail, bien collectif de plus en plus précieux, ne soit pas seul à porter le poids de cotisations qui nuisent à notre compétitivité.

Mais cette politique de justice sociale là ne peut être portée par des logiciels politiques issus de dogmes partisans, pour qui demain est régi essentiellement par des contingences de pré carré. Grèce et Italie se préparent à des unions nationales au nom d’une situation grave qui le mérite. Notre France doit, elle aussi, y songer.

Partager sur
  • Partager via Facebook
  • Partager via Google
  • Partager via Twitter
  • Partager via Email
Cette entrée a été publiée dans Points de vue. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire